Ci-dessus: un enquêteur et une enquêtée en session de travail lors de l’arrivée des membres de Akvo à Goungla. Ils sont rejoints par Eméline Béréziat et M. Lompo (de gauche à droite). Photo prise par Wendemi Ilboudo.

La collaboration entre Akvo et Tiipaalga dure depuis trois années, et au vu des actions menées ensemble, on pourrait dire que chacune des deux organisations y trouve son compte. TiiPaalga est une organisation non-gouvernementale (ONG), créée officiellement en mai 2006. L’objectif visé par l’ONG est « de soutenir les populations rurales au Burkina Faso pour une gestion durable des ressources naturelles et lutter contre la pauvreté par la promotion d’activités génératrices de revenus. » 

Afin d’atteindre cet objectif, elle exécute de nombreux projets dont celui sur le crédit carbone. Le projet “crédit carbone” est un projet qui prend en compte la protection de l’environnement pour les générations futures. Pour y parvenir, TiiPaalga met en oeuvre des actions dont l’une des plus palpables est la formation des populations. C’est dans ce sens que l’ONG prône la formation des femmes à la fabrication de foyers améliorés. Une fois formées, ces femmes peuvent désormais s’entraider pour construire elles même leurs cuisinières.

Par l’utilisation de foyers améliorés, la population consomme moins de bois en cuisine, et par conséquent, émet moins de carbone. Ces carbones sont alors accessibles sur le marché du carbone (par l’intermédiaire de Gold Standard) et disponible pour de grandes entreprises émettrices de carbone. Le projet de la protection de l’environnement est financé par ce marché du carbone et permet de s’éloigner de l’assistanat d’un projet d’aide au développement classique.

Ci-dessus: la session de discussion dans les locaux de TiiPaalga, (de gauche à droite) Alain Traoré de TiiPaalga, Eméline Béréziat et Ingrid Budil de Akvo. Photo prise par Wendemi Ilboudo.

Sur un programme quinquennal,  TiiPaalga s’est fixée pour objectif de construire au minimum 60 000 foyers améliorés sur trois années au profit des épouses de 30 000 ménages. Les deux autres années du programme seront consacrées au suivi et à l’entretien des foyers améliorés construits. Cet objectif parait alors comme un challenge que l’ONG doit relever. En outre, cet objectif aura un sens sur le marché du carbone que si seulement si l’ONG arrive à démontrer que les foyers sont bien utilisés. C’est dans ce sens qu’elle a contacté Akvo qui n’a ménagé aucun effort à mettre son outil Akvo Flow à sa disposition. « Le logiciel nous aide à capitaliser nos informations car sans l’outil, nous ne savons pas le nombre réel de foyers construits » nous a expliqué M. Lompo de TiiPaalga.

L’outil Akvo Flow pour un meilleur monitoring des foyers améliorés

Comme mentionné plus haut, les ambitions de TiiPaalga étaient grandes. Heureusement, Akvo Flow est présent pour les aider à atteindre leurs objectifs. « Nous avons choisi les outils Akvo pour deux principales raisons. La première est que nous avons la flexibilité de créer notre formulaire par nous même et d’y avoir toutes les informations que nous souhaitons avoir. Le deuxième grand avantage que nous avons vu avec Akvo est que nous avons une équipe sur place qui peut nous accompagner, nous aider quand nous en avons besoin » nous a confié M. Alain Traoré, directeur exécutif de TiiPaalga. Le constat est donc qu’en 2015, l’ONG a pu enregistrer la fabrication de 22 000 foyers pour les épouses de 7 500 ménages. En 2016, elle a enregistré 24 000 foyers fabriqués pour les épouses d’environ 8 700 ménages. Pour 2017, l’ONG compte construire au minimum 20 000 foyers pour des épouses de 10 000 ménages.

Nous sommes à la fin du premier trimestre de l’année 2017, le compte à rebours est lancé, et l’ONG s’active. Akvo, curieux de découvrir le contexte dans lequel l’outil Akvo Flow est utilisé par TiiPaalga, a effectué une visite terrain à Goungla. Goungla est un village de  la commune de Sambsè, situé à 80 km de Ouagadougou et à 20 km de la ville de KongoussiÀ notre arrivée, nous avons vite remarqué un enquêteur en entretien avec une utilisatrice de foyer amélioré.

Ci-dessusune enquêtée visionne sa photo sur le formulaire d’enquête via le smartphone de l’enquêteur. Photo prise par Wendemi Ilboudo.

Muni d’un smartphone et d’un chargeur solaire, il posait des questions du genre « Combien de fois allumez-vous votre foyer par jour ? » à son interviewée. Celle-ci répondait et lui, remplissait le formulaire d’enquête en ligne conçu grâce à Akvo Flow. Pour savoir l’état d’entretien de son foyer et pour se rassurer que cette enquêtée est différente de la précédente, une photo de chaque enquêtée accroupie auprès de son foyer est prise par l’enquêteur. A la fin, chacune était enthousiaste de regarder la photo prise par l’enquêteur (et automatiquement ajoutée aux données de l’enquête). On pouvait même lire de la joie et de la fierté sur leurs visages lorsqu’elles se regardaient en image. « They are happy to see their pictures » avait mentionné notre collègue Ingrid du bureau d’Amsterdam, pour nous dire qu’elles sont heureuses de voir leurs photos.

Ci-dessus: des femmes en pleine session de fabrication de foyers améliorés. Photo prise par Wendemi Ilboudo

Visite des designers des foyers améliorés

Arrivés à Goungla sous un soleil brulant de 39 degré celsius, nous marchions vers leur groupement qui était visible à environ 500 mètres de la ruelle qui mène au village. M. Lompo nous expliqua que ces femmes « étaient en séance de fabrication de foyers améliorés ». Nous nous approchâmes pour découvrir leurs chefs-d’oeuvre.

Sous un gros arbre, certaines malaxaient la terre, d’autres étaient chargées du modelage. Un autre petit groupe lissait dès que le groupe du modelage finissait, ensuite suivait la finition (ouverture au bas du foyer qui servira à introduire le bois lors de l’utilisation). Enfin, l’étape du séchage à l’ombre couronnait le tout. Toutes occupées, un vrai travail de chaine et d’équipe. L’une d’entre elles, interpellée par M. Lompo nous a expliqué que leur patte à malaxer était un mélange de terre, de selles d’âne et d’herbes séchées.

Il faut également noter que les tailles des foyers changent en fonction des tailles des marmites qui seront utilisées. Cette option est mise en place pour maximiser l’économie énergétique.

Ci-dessus: M. Lompo de Tiipaalga explique le processus de fabrication des foyers améliorés à l’équipe de Akvo. Photo prise par Wendemi Ilboudo.

Nous avons été si émerveillés pendant cette visite que nous avons pensé à partager des photos et une vidéo avec vous afin de vous mettre de vivre les instants de notre visite en image.

L’heure du départ pour Ouagadougou approchait, nous aurions voulu rester encore plus longtemps, les voir s’activer, mais, il fallait partir. À 12h, nous étions sur le chemin du retour. Une heure de route plus tard, nous étions à Ouagadougou pour reprendre nos activités dans les locaux de Akvo au Burkina Faso.

Wendemi Ilboudo est Chargée de Communication pour Akvo en Afrique de l’Ouest, elle est basée à Ouagadougou (Burkina Faso). Vous pouvez la suivre sur twitter @IWendemi.